20/06/2010
Aux Apidays !
http://www.abeillesentinelle.net/apiday.html
Partout dans le Monde “Requiem pour nos abeilles” http://www.liberterre.fr/agriculture/pollinisateurs/requi...
Midi Libre Édition du samedi 19 juin 2010
http://www.midilibre.com/articles/2010/06/19/A-LA-UNE-La-...
Ecologie - La mort des abeilles met l’homme en danger

Max BERULLIER
Sentinelle de l’environnement, l’abeille n’a point usurpé ce surnom, mais la vigie a ses jours comptés.
- Depuis 1995, près de 30 % des colonies disparaissent chaque année.
- Dans le même temps, la France a triplé ses importations de reines (plus de 100 000 par an).
- En dix ans, 15 000 apiculteurs ont cessé leur activité dans le pays.
Alors, l’opération Apidays, fête nationale de l’abeille, animée par l’Union des apiculteurs (Unaf) les 18 et 19 juin, a été une sorte de piqûre de rappel.
En Languedoc-Roussillon aussi, les miellées sont de plus en plus courtes, les cheptels durs à renouveler : « En cinq ans, la production a chuté de 50 % et, chaque année, un tiers des abeilles manquent à l’appel », observe Xavier Roux, président régional de l’Adapro, qui réunit 200 apiculteurs professionnels.
L’extinction semble fatale. Elle n’est repoussée qu’à travers un combat incertain : «Face au déclin, on tente de multiplier les essaims ; on divise les colonies en deux ou trois, pour les forcer à élever une reine, dans l’espoir de maintenir le cheptel », explique l’apiculteur gardois.
La lutte est d’autant plus exténuante que les ennemis de l’abeille pullulent. L’agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a identifié pas moins de 40 facteurs pouvant être incriminés dans l’hécatombe.
- D’abord, le Varroa destructor. Cet acarien attaque les couvains, épuise l’abeille en gênant son activité, en lui inoculant un virus. En fin d’hiver et au début du printemps, les colonies ne font pas long feu. Ce fléau, appelé la varroase sévit un peu partout, de la Lozère au littoral.
- Le frelon asiatique, lui, pointe son dard dans la région depuis un an, suit les cours d’eau et les piscines. Pour l’heure, il a attaqué trois ruchers, en Cévennes et près de Montpellier.
- Le réchauffement climatique est aussi en cause. « L’an dernier, vers le 20 juillet, les miellées étaient quasi finies en région. Puis, par manque de pluies et d’humidité à l’automne, il n’y a pas eu de fleurs, donc pas de nectar et, sans pollen, la reine ne pond pas. On a passé l’hiver avec de vieilles abeilles, qui n’ont pas survécu au long hiver. »
- Mais les plus terribles ennemis de l’abeille sont les pesticides. Comme dans l’Aude, en Lauragais, où la monoculture du tournesol et du colza fait grand usage de produits industriels.
Miel régional
En Languedoc-Roussillon, le cheptel apiaire est constitué d’environ 121 000 ruches, soit 9 % du parc français (1 346 576 ruches).
- La région compte plus de 3 400 apiculteurs : 6 % de pluriactifs ou professionnels, et l’immense majorité constituée de très petits producteurs familiaux, mais vitaux pour la pollinisation.
- Le chiffre d’affaire régional de la vente de miel dépasse 16 millions d’euros. Des apiculteurs louent des ruches aux agriculteurs.
L’apiculture régionale est en pointe, au point que Montpellier a accueilli, en 2009, le salon mondial Apimondia.
- La France produit près de 20 000 t de miel par an (contre 32 000 t en 1995), soit un chiffre d’affaires estimé à 90 millions d’euros (4,5 €/ kg).
- Les productions annexes (pollen, pollinisation…) procurent 20 % de plus en CA (27 millions d’euros).
- Le pays importe 6 500 tonnes de miel, en consomme 40 000 t par an.
Pollinisation
Les deux journées nationales Apidays (18-19 juin), organisées par l’Unaf, ont mis l’accent sur la disparition massive des abeilles et des insectes pollinisateurs sauvages.
- L’Unaf estime que deux tiers des pollens ont disparu en un demi-siècle.
- Fécondatrices hors pair, en butinant 700 fleurs en moyenne par jour, les abeilles assurent la reproduction, donc la survie des plantes à fleurs.
Selon l’Inra, 35 % de la quantité de notre alimentation et 65 % de sa diversité dépendent de la pollinisation par les abeilles.
Georges MATTIA
VOS REACTIONS
20/06/2010 à 10h49 |
il est temps de réagir, intervenons auprès de nos municipalités pour qu'elles cessent d'utiliser sans retenue désherbants et autres produits de traitement phytosanitaires toxiques pour les abeilles et bien sûr pour l'homme.
Le CHU de Montpellier serait bien inspiré de montrer l'exemple en cessant d'utiliser ces produits dont l'épandage nécessite le port de combinaison et de masque à cartouches par le personnel qui les utilisent, tout cela dans l'environnement immédiat des malades!
20/06/2010 à 10h39 | Maya l'abeille
Seulement 3 lignes sur les pesticides !!! Tout le monde sait qu'ils sont les grands responsables de la destruction des abeilles. Quand les arboriculteurs asperges leurs arbres déguisés en cosmonaute dans la même journée les abeilles viennent mourir par centaines sur les terrasses des particuliers. Allez Mr le journaliste encore un effort pour dure dire qui sont les vrais responsables de cette hécatombes...
16:33 Publié dans Agriculture, Risques | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Ecosystèmes côtiers
Billet de “NAMINOLAND blogspot” du dimanche 20 juin 2010
résumant une étude publiée dans Sciences 2006 :
Ocean 2010
L'écologie est devenue très à la mode ces dernières années, pour le meilleur et pour le pire. Année de la biodiversité, 2010 a montré l'intérêt grandissant des individus pour la cause écologique, mais aussi les (trop) nombreuses entraves à la protection des écosystèmes sur Terre.
La principale difficulté avec l'écologie, c'est de comprendre les échelles de temps utilisées. En raison de la formation de notre cerveau et de notre courte espérance de vie, les systèmes de pensée humains sont focalisés sur de courtes échéances.
Au contraire, en écologie, les changements sont observés parfois au court terme mais aussi souvent au long terme. Mais
- comment réaliser que des changements s'opèrent quand on ne les voit pas?
- comment convaincre la population que les océans se dégradent, que les papillons désertent, que la forêt amazonienne disparait à une vitesse effrayante, quand tout semble si stable au regard de chacun ?
C'est le grand défi du combat écologique, changer d'optique, changer d'échelle, et comprendre comment les systèmes évoluent pour les comprendre.
Dans ce but, je vais résumer et présenter ici une étude publiée dans Science en 2006, montrant comment l'état des Océans s'est dégradé ces dernières années, et comment cela influe sur nous en retour.
L'océan, c'est aujourd'hui l'une des sources de biens la plus importante pour l'humanité.
En premier, celui-ci apporte une source essentielle de nourriture à des millions de personnes dans le monde. La bonne santé de l'océan garantit emplois, qualité de l'eau, stabilité de l'environnement, etc aux habitants de la côte. Et bien sûr, la valeur économique des océans est juste énorme.
Pourtant, depuis le début de l'ère industrielle, nous n'avons cessé de détruire les écosystèmes marins. Surpêche, pollution et destruction d'habitats ont participé à une dégradation globale des écosystèmes marins et donc à une diminution des services naturels que nous procure la nature.
Par exemple, prenons les écosystèmes côtiers.
Les scientifiques ont suivi la biodiversité et les services tirés de la nature sur une période de 1000 ans.
Pour ce faire, ils ont suivi 12 écosystèmes différents avec des populations de 30 à 80 espèces importantes économiquement et écologiquement.
Les résultats sont clairs. Un déclin brutal et continu apparait à partir de l'industrialisation de notre civilisation.
A tel point que 91% des espèces sont en "chute" (déclin supérieur à 50% par rapport à l'abondance basale), 38 sont "effondrées" (déclin à plus de 90% de l'abondance basale) et 7% sont éradiquées.
Écosystèmes marins côtiers :
- En (A) Pourcentage de taxons (groupes d'êtres vivants) effondrés (ronds noirs) ou exterminés (triangles blancs) en fonction du temps .
- En (B) Pourcentage de stocks de pêche effondrés en fonction de la richesse en espèces du milieu.
On voit que plus la zone est riche en espèces, moins il y a d'effondrement des stocks : Une zone riche en espèces subira moins fortement une pêche intensive car le système est plus stable.
Bien sur, un tel déclin a des conséquences importantes sur le fonctionnement des écosystèmes et sur les services rendus par la Nature.
Dans un premier temps, on peut noter la réduction de 33% des populations de pêche viable, ensuite on a la réduction à 69% des habitats servant de nurseries jeunes de chaque espèce, comme les rochers à huitre, les couvertures d'algues et les zones humides. Et enfin on note la baisse (-63%) de la filtration et détoxification de l'eau par les organismes animaux et végétaux.
Les uns affectant les autres, on a donc une augmentation globale des risques, comme
- les marées rouges (prolifération d'algues, parfois toxiques),
- une perte importante de la biomasse en poisson,
- la diminution de l'oxygène dans l'eau (zone morte),
- une augmentation des inondations (due en partie à la montée des eaux, mais aussi au fait que la végétation ne protège plus les berges et donc facilite l'action des vagues).
Et la liste n'est pas exhaustive ! C'est dire...
Ces différents tableaux présentent les pourcentages de changement sur le millénium des paramètres étudiés. Par exemple la partie "biodiversité" résume les changements en appauvrissement, effondrement , extinctions, et restauration des stocks, par rapport à un taux basal. A coté, on a les changements dans les services donnés par la nature en fonction du taux de base, et à droite les changements dans les risques.
Et on retrouve la même chose globalement dans le grand large.
Les scientifiques se sont intéressés à 64 grandes zones (>150 000 km²) sur 53 ans (1950 à 2003), produisant sur cette période 83% des biens de pêche du monde.
Globalement, on a une accélération du taux d'effondrement des populations, en 2003, 29% des espèces sont considérées comme effondrées (c.a.d que le taux de capture est en dessous de 10% de la meilleure capture faite).
Ca fait très mal !
En A, on a le pourcentage de taxons effondrés, sur 53 ans.
- Les triangles représentent les effondrements stricts, alors que les losanges prennent en compte les restaurations.
- Les triangles ou losanges bleus représentent des zones pauvres en diversité d'espèces, et les rouges des zones à forte diversité.
Comme vu précédemment, les zones naturellement riches sont plus résistantes aux changements que les zones pauvres.
En B on a une carte des 64 zones étudiées avec en couleur la richesse spécifique (bleu : faible, rouge : forte).
En bref, que ce soit sur les côtes ou au large, l'action de l'être humain a impacté très fortement et négativement la biodiversité marine et le fonctionnement des écosystèmes.
Cependant, les scientifiques ne sont pas alarmistes. En effet, des zones particulièrement dégradées ont subi des plans de sauvetage avec une protection totale de la zone. Le résultat est un regain rapide et efficace de la biodiversité, avec un retour des fonctions des écosystèmes. Mieux, grâce à ces écosystèmes en restauration, le taux de pêche dans les alentours a été amélioré (car les zones protégées servent de pouponnières et permettent à la zone de lentement se repeupler). Par ailleurs, les zones de tourisme subissent des booms économiques en raison du bon état des fonds marins et de la diversité des espèces qui attirent immanquablement les touristes.
Donc la conclusion, c'est qu'il faut prendre en compte la nature, son fonctionnement, sa dynamique, pour l'utiliser à son maximum.
L'avenir nous réserve de grandes difficultés stratégiques. En effet, avec une population humaine grandissante et hautement consommatrice, nous nous devrons de gérer nos ressources alimentaires au mieux, et protéger les écosystèmes afin de profiter de leurs fonctions naturelles de détoxification, de provision de biens etc.
Ce n'est pas réellement ce qui est en ce moment fait par les gouvernements et les puissances de ce monde, mais tôt ou tard, nous n'aurons plus le choix que de nous moderniser dans notre façon de penser les choses, et de modifier notre système afin de garantir la survie des futures générations et améliorer la vie des contemporains.
Source :
Worm B., Barbier E.B., et al., (2006) Impacts of biodiversity loss on ocean ecosystem services. Science, Vol 314 - 787-790
12:43 Publié dans Bilans, Biodiversité, Recherche | Lien permanent | Commentaires (0) |
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