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26/11/2018

Ne pas s'emballer quand on nous fait rêver avec une technologie miracle

NE NOUS EMBALLONS PAS quand on nous fait rêver avec une technologie miracle : il n'existe aucune technologie qui permette de faire des miracles. TOUTES PRÉSENTENT DES CONTREPARTIES NÉGATIVES AUTOUR DESQUELLES IL FAUT FAIRE DES COMPROMIS ; AUTANT SAVOIR LESQUELS !

Aujourd'hui sur LCI, des porte-paroles des gilets jaunes évoquaient des solutions françaises pour fabriquer du pétrole vert ou de l'électricité, connues depuis 2012/2014 mais qu'on ne chercherait pas à exploiter, disaient-ils, avec des trémolos dans la voix et force indignation, .

Hélas pour tout le monde, aucune des 2 n'est viable !

Ce n'est pas étonnant. Les lois de physique découvertes depuis le début du 19 siècle physique, limitent beaucoup nos possibilités d'inventions : 

-d'abord qu'on ne peut pas créer de l'énergie, seulement la transformer en une énergie d'un autre type ;

- ensuite cela ne peut se faire qu'avec des pertes sous forme d'énergie thermique (chaleur qu'on n'est pas toujours capable de récupérer et qu'on laisse se dissiper dans l'environnement, comme beaucoup de sous-produits générés à cette occasion. L'exemple le plus courant est celui du CO² des moteurs à essence ou diésel comme sous produits de l'explosion qui génère l'énergie mécanique nécessaire à la propulsion d'un véhicule.

Mais revenons aux 2 solutions miracles évoquées sur LCI :

La première solution est celle de micro-algues dont beaucoup de monde a entendu parlé en 2012 à la suite d'un reportage de TF1 en Espagne.

Cette solution a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux et continue à faire rêver beaucoup de monde.

Très peu cherchent à en savoir plus ! Pourtant la société qui a mené ce projet a fait faillite en 2012.

L'INRA de Sophia Antipolis qui avait lancé à  la même époque une étude analogue sur ces micro-algues n'en parle plus.

Il est estimé aujourd'hui qu'il faudra encore 20 ans pour que cette technologie soit utilisée, car aujourd'hui en dépit de son avantage de captage de CO2, son bilan carbone est négatif et il faut plus de pétrole pour fabriquer du pétrole vert qu'on en produit.

Voir le billet complémentaire que j'ai rédigé ce 6/11/2018 : 
http://seteperledelamediterrannee.hautetfort.com/archive/...

La deuxième solution est celle de l'entreprise COLAS sous-traitant de Bouygues, spécialiste de travaux routiers et de la production ou le recyclage de matériaux de construction.

"En 2015, Colas présente WATTWAY, revêtement photovoltaïque directement posé et collé sur la route qui produira de l’électricité par simple exposition au soleil et qui devrait-être commercialisé en 2016. L'entreprise a créé cette innovation brevetée au terme de cinq années de recherche menée conjointement avec l'INES" dit Wikipedia.

Où en sommes-nous ? Eh bien décembre 2016 on a fait le bilan du projet à partir d'une expérimentation à échelle réelle sur 1 km de route dédiée au essais. La conclusion rapportée par le site Futura Science
https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/develo... est sans ambiguité : Avec un prix à 17€ du KWH crête (c'est à dire au maximum d'ensoleillement), on est encore loin des 6€ prévus, la solution est pour longtemps encore trop onéreuse pour être généralisée. On peut déplorer aussi de constater que rien n'est dit sur la façon dont se comporte ce revêtement dans le temps, ni ses impacts environnementaux réels à la production ...

En 2017 on apprend que cette technologie présente quelques autres problèmes : en particulier, de bruit et de pluie, cette dernière dégrade les pavées photovoltaïques et les fait disjoncter :
https://www.automobile-propre.com/wattway-premier-bilan-route-solaire/
I
l était question de généralisation en 2019, force est de constater qu'on ne trouve rien à ce sujet, que des petites expérimentations ça et là qui permettent de faire du buzz pour verdir BOUYGUES et les élus politiques qui font leur promotion.

Il existe des projets de revêtements concurrents, produisant de l'électricité à partir du phénomène de piezzo-électrique (déformation d'un cristal produisant un courant électrique), pour originaux qu'ils soient, il ne sont pas opérationnels :
http://www.cleantechrepublic.com/2010/03/10/route-piezoel...
 
Cette étude de l'Université de Standford apporte tous les éclairages scientifiques nécessaires sur la viabilité des projets bâtis sur ce pricipe de récupération des vibrations :
http://large.stanford.edu/courses/2012/ph240/garland1/

Elle établit que même si une route transporte plus de 600 véhicules à l'heure, il est peu probable qu'un kilomètre produise une puissance qui dépasse 400 kW.

Et conclut : "Les bénéfices nets ne seront visibles qu'après au moins 12 ans, ce qui est une sous-estimation. Outre les coûts financiers liés à la fabrication et à l'installation, il convient également de prendre en compte de nombreux autres coûts, tels que l'impact environnemental de la fabrication de la céramique PZT utilisée dans les dispositifs d'Innowattech. Bien que les dispositifs piézoélectriques gagnent en popularité, ils sont moins capables que ce qu’on avait prétendu en raison de contraintes physiques."

AUTRES VOIES :
Il existe de nombreuses variantes au projet Piezz-électrique pour moins perdre d'énergie avec un véhicule :
http://www.auto-moto.com/actualite/environnement/transfor...


Pour un peu, on en viendrait pour pouvoir utiliser dans de "bonnes conditions" la technologie GenShock a faire des routes un peu cabossées pour tirer plus d’énergie des amortisseurs !

https://auto.lapresse.ca/technologies/201309/10/01-468798...

"Comme le temps passe vite. En février 2009, dans cette rubrique, on faisait état de l'optimisme contagieux de trois étudiants du Massachussetts Institute of Technology ayant mis au point un «amortisseur régénératif» capable de transformer les nids-de-poule en électricité.

Ceux-ci affirmaient que leur gadget, GenShock, produirait beaucoup d'électricité avec les oscillations de la suspension, assez pour rendre inutile l'alternateur et améliorer de 10% l'efficacité énergétique d'un véhicule.

Sauf que ça ne se passe pas comme prévu. En tout cas, pas encore. Leur entreprise, Levant Power, vient de signer un beau contrat avec l'important équipementier automobile allemand ZF Friedrichshafen AG, mais la contribution de GenShock est beaucoup plus modeste que l'ambitieux objectif annoncé il y a quatre ans.

ZF va intégrer un GenShock à un nouvel amortisseur hydraulique en continu (sans ressort). Ces amortisseurs existent déjà, mais ils ont le défaut de tirer beaucoup de jus de la batterie et d'augmenter la consommation d'essence.

En fixant un GenShock sur la surface extérieure de chaque amortisseur, ZF affirme pouvoir rendre ce dernier presque autosuffisant en électricité. Presque.

La suspension aura encore besoin d'électricité, mais à un niveau qui ne sollicite pas la batterie déraisonnablement.

C'est bien, mais on dirait que le GenShock vient d'absorber le choc de la réalité et que les autos vont avoir un alternateur durant quelque temps encore."


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