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08/03/2013

Recherche spatiale : Montpellier, ville pionnière des minisatellites

par Gazette | 31 janvier 2013 - 17:12
http://www.lagazettedesete.fr/dossiers-gazette/article-15...

Céline Escolano

L’université Montpellier 2 vient de créer une fondation pour mettre sur orbite des nanosatellites. Une première en France.

C’est unique en France. Montpellier entre dans la course à l’espace en créant la Fondation Van allen en décembre dernier, au sein de l’université Montpellier 2.
Pilotée par des professionnels de la recherche spatiale, la Fondation se spécialise dans la création de nanosatellites 100 % étudiants, sortes de minisatellites cubiques d’un kilo et de dix centimètres de côté.
Suite à l’appel à projets lancé en 2006 par le Centre national d’études spatiales (CNES), les étudiants de Montpellier mettent sur orbite le premier nanosatellite français, Robusta, en février 2012, pour tester l’effet des radiations sur des composants électroniques.
"Suite à ça, nous avons voulu créer un outil de gouvernance pour développer ces activités en collaboration avec le CNES", explique Frédéric Saigné, directeur de la Fondation. Soutenue par le CNES, Montpellier devient ainsi la seule ville française à développer des nanosatellites et déborde d’ambition pour attirer des entreprises spécialisées et former les nouveaux chercheurs de l’espace.

• Trois nouveaux satellites d’ici à 2017

D’ici à 2017, trois nouveaux nanosatellites made in Montpellier seront envoyés sur orbite.
"Près de 300 étudiants particient au projet, explique Frédéric Saigné. Ils font partie de la faculté de Montpellier, de l’école d’ingénieurs Polytech et certains de l’IUT de Nîmes." Le satellite Robusta 1B servira à valider une méthode de test de composants électroniques dans l’espace pour développer une norme internationale. Le satellite RCube permettra de tester des composants électroniques très avancés qui n’ont encore jamais volé. Et, enfin, le satellite Méditerranée récupérera des données atmosphériques pour affiner la prévision des épisodes cévenols. L’avantage est financier : un minisatellite, entièrement financé par le CNES, coûte 250 000 euros, contre plusieurs dizaines de millions pour un satellite "classique".

• Un cursus unique

Pour encadrer la création de ces nouvelles technologies, la Fondation est accompagnée d’un nouveau master "Sûreté de fonctionnement en ingénierie spatiale" au sein de l’université Montpellier 2. "C’est le premier en France, explique le directeur Frédéric Saigné. La Région nous soutient financièrement pour les recherches."
Autre atout unique de Montpellier : le CNES, à travers son partenariat avec le centre spatial russe, permet à Montpellier des échanges universitaires avec la faculté de Moscou. "Les étudiants montpelliérains partent étudier en Russie et inversement", explique Christelle Deneau, chargée de faire le lien entre les deux facultés.

• Des stars mondiales

Le conseil d’administration de la Fondation Van Allen est composé de véritables stars internationales dans le domaine spatial.
Le président Michel Courtois est le créateur de "Spot 1", premier satellite d’observation français, lancé en 1986. Il est également ancien responsable du CNES, du centre spatial de Toulouse et de l’Agence spatiale européenne.
La Fondation profite aussi de la présence de Charles Elachi, chef de projet du robot Curiosity actuellement sur Mars, et membre de la NASA, ou encore du spationaute Michel Tonini. "Beaucoup de pays d’Europe, comme l’Angleterre, l’Italie ou l’Allemagne, ont déjà de tels projets étudiants, explique Michel Courtois. Montpellier comble ce manque en France." La présence de ces "stars" de l’espace est un atout de plus pour attirer les entreprises spécialisées à Montpellier.

• De nouveaux emplois

"Les nanosatellites représentent un avenir commercial", prévient Frédéric Saigné. En misant sur la carte du minisatellite, Montpellier attire des entreprises de pointe comme la société suisse Systhéia, qui vient d’équiper de mini-caméras le robot Curiosity sur Mars, et qui s’installe chez nous, ou encore les sociétés Astrium et 3D Plus. "Elles viennent chercher leurs futurs collaborateurs et offrent des cours gratuits aux étudiants", explique le directeur de la Fondation.
La société Trad, basée à Toulouse, spécialisée dans les tests de radiations, doit aussi poser ses valises à Montpellier en 2014. "De plus en plus de start-up vont chercher des nanosatellites à Montpellier pour tester leurs équipements", assure Michel Courtois.
"Ce sont des entreprises qui tablent sur dix à quinze créations de poste sur les quatre prochaines années, anticipe Frédéric Saigné. Nous pourrons ainsi garder nos meilleurs étudiants dans la région."

Jean-Baptiste Decroix
(La Gazette de Montpellier n° 1281 du 3 janvier 2013)

Robusta : la création d’un nanosatellite 100 % étudiant

La création du premier nanosatellite français étudiant, Robusta, démarre en 2006. Au total, ce sont près de deux cents étudiants de Montpellier et de Nîmes qui ont travaillé à son élaboration pendant six ans. "C’était une chance unique de travailler sur un projet concret", explique Stéphanie Dhombres (notre photo), étudiante en première année de thèse à l’université Montpellier 2.
© Pierre Grech

Avec un poids d’à peine un kilo, ce petit cube de 10 cm de côté recouvert de panneaux photovoltaïques ne ressemble pas à un satellite "classique". Imaginé dans les années 90 aux États-Unis, le modèle cubique fait partie du cahier des charges de tous les nanosatellites.
© Robustacom

Robusta est mis sur orbite en février 2012 depuis Kourou en Guyane, sur le premier vol de la fusée européenne Véga. À la suite d’une anomalie de la batterie, le satellite n’émet désormais plus de signaux. Robusta est conçu pour se désagréger complètement au bout de trois ans.
© D.R.

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